Le lâche qui s'ignore

 

 

L'anonyme serait-il un insignifiant ?

 

Certains éléments pourraient le laisser croire.  A force d'être frustré de sa totale transparence aussi bien physique qu'intellectuelle, il peut, au long des années, souffrir d'un complexe incommensurable.

L'anonyme n'est pas mal connu, il n'est qu'un inconnu qui ressent même un certain malaise chaque matin devant son miroir. "Qui suis-je ?" se demande-t-il lui, qui, une fois dans sa vie, a été reconnu par ses parents. Reconnu, certes, les yeux fermés, mais reconnu quand même.

Après le grand vide. Son miroir ne lui renvoie chaque jour que l'image de l'insignifiance voire de la médiocrité. Même ses voisins ne le reconnaissent pas, c'est dire !

Insignifiant pourrait se traduire par effacé, falot, inconsistant, misérable, médiocre, piètre, ordinaire, quelconque, terne, vain, lâche.

Triste bilan en définitive pour celui qui n'a pas de nom. Eh oui, l'anonyme n'a pas de nom. Pourquoi en aurait-il un d'ailleurs ? Personne ne le reconnaîtrait pour autant. Alors qu'on s'apitoie sur le pauvre, le délaissé, le malheureux, pourquoi ne pas s'attendrir sur l'anonyme ?

La nature humaine a parfois de ces oublis !

L'insignifiant naît inconnu, vit inconnu et meurt inconnu sans pour autant être un soldat dont on se souvient. Comment se souvenir de rien ?

Non, l'anonyme mourra comme il a vécu. Sans laisser de trace. Sans laisser de nom.

Il ne s'agit même pas d'un corbeau inculte n'ayant pour toutes lettres que celles qu'il distribue.

Le corbeau a un nom.

L'anonyme n'a rien.

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